Paul de Maricourt
Extraits de romans
Les cairns
Les grains du silence
La légion blanche
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Extrait des cairns

Elle marchait dans le campement ennemi ; sa tunique blanche tranchait avec le rèche brun militaire. Les conquérants s'étaient faits à sa présence et se risquaient parfois à un sourire. Derrière son dos, les plus respectueux la surnommaient "la générale".
Elle marchait d'un pas flottant, comme ennivrée par la neige. Jeune et belle. Trop belle, trop jeune. De celles qui se rêvent impératrices, mais dont le front mérite au plus une couronne de fleurs.
On entendait non loin le chant rauque des canons. Depuis trois jours, ses compatriotes résistaient ; Élise n'était pas dans le bon camp. Elle avait tôt choisi son vainqueur ! Un homme, plus qu'une cause. Une figure, plus qu'un homme. Le rêve d'une fièvreuse épopée.
On la surnomait "la générale", mais aussi "la renégate" ou "la putain". Élise n'entendait pas, marchant seule, un oeil sur le fort embrumé, un autre sur la tente de Fugo.

Retrouvez en intégralité, le premier chapitre des Cairns au format .pdf en suivant le lien suivant : Les Cairns, chapitre 1
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Extrait des grains du silence

Une trouée moite entre les palmiers. Un chemin de glaise, descendant en pente douce jusqu'au Rio. L'air chargé d'humidité, le murmure des moustiques, des araignées courant au sol et cette odeur doucereuse provenant des eaux muettes. Nina ouvrit deux yeux ronds.
- Alors, je suis née ici ?
- Oui. J'étais allongée par terre, les pieds dans l'eau. Tu es sortie très vite de mon ventre ! Tu coulais, tu étais toute petite ! Tu ne m'as pas fait trop de mal.
La fille de Jacob s'aventura prudemment jusqu'à la berge. L'onde était opaque, presque sirupeuse ; elle en eut un haut le coeur.
- Les pieds dans l'eau ? Mais elle est jaune !
- J'avais rien d'autre ! Personne pour m'aider ! Tu m'as pas fait souffrir trop longtemps. J'ai coupé le cordon avec un couteau, je t'ai lavée dans le jaune et j'y ai baigné mes chairs meurtries.

4ème de couverture

"J'avais gagné le paradis ! Une vallée profonde, secrète comme le cratère d'un vieux volcan... Les oiseaux bleus, mille parfums ! Les filles comme des mangues et, flottant sous les rayons du soleil, cette poussière orange..."
Ainsi sanglote Jacob, à demi-fou, hanté par ses souvenirs brûlants. Ce chemineau a trop longtemps végété en prison, avant qu'un geôlier, fouillant dans son ballot, ne découvre les grains oranges.
A présent, tout peut basculer. Ces grains valent de l'or ; la reine le sait. Quelque part, à l'air libre, dort un inestimable gisement. Où ? En Pays d'Ocre, ou au delà des frontières ? Qu'importe ! Les dés sont jetés. Si l'ennemi s'en mêle, il devra subir la plus glaçante des armes.
Silence...
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Extrait de La légion blanche

- Gaëlle ! Gaëlle ! Où êtes-vous ?
C'était l'hiver. Robin courrait sur la neige fraîche des champs du Haut-Bourg. Gaëlle s'était éloignée, fascinée par la tempête. Du blanc ! Du blanc au ciel, sur la terre, aux horizons ! Comme une nuit de blancheur !
- Revenez, Gaëlle !
La neige volait en tout sens, capricieuse, souveraine. Elle se collait sur les lèvres de Gaëlle, dans ses cheveux, au coin de ses yeux.
La conseillère de Luca avançait dans l'océan immaculé, bras en avant, mains ouvertes. Elle tournait comme un enfant, se retournait, entraînée par les tourbillons blancs. Au hasard de son chemin, elle tomba dans les bras de Robin.
- Où comptiez-vous aller ainsi ?...
L'Ocrienne se retourna subitement ; elle avait cru entendre la voix d'Oubli. Un simple rêve ! Tout restait neige, autour d'elle.
Le blanc avait envahi son regard.
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